20 ans !... Oui 20 ans déjà... C'était un 16 février 2000...Ce jour-là, bambou pointait le bout de son nez,

la fleur au fusil.......

20 ans plus tard, c'est un microscopique Covid-19 venu d'un pays voisin du Vietnam qui s'invite et s'impose autour du gâteau pour nous

empêcher de souffler ses bougies...que nous soufflerons quand même !

20 ans après, bambou est toujours là, à aider les enfants défavorisés...

Il y a 20 ans, notre histoire naissait dans l'enthousiasme avec le projet de faire de grandes choses, peut-être de changer le monde,

d'aller vers un monde plus juste et plus égalitaire...

 

20 ans après... il y a ce constat d'avoir fait plein de choses, d'avoir aidé plein de pauvre gens, d'avoir fait vivre pleins de projets,

d'avoir vécu des histoires extraordinaires, d'avoir redonné l'espoir à plein de jeunes...

 

Que d'hésitation, que de questionnements pour cette énième mission, pour ce voyage qu devait être une fête...

Je devais partir dans la joie et me voilà assis aux côtés de mesdames Crainte et prudence, Mademoisellle Inquiètude

et Monsieur Danger... Qu'elle est déjà loin cette 1ère mission, où nous partions la fleur au fusil, la banane en façade...

 

Me voici confiné place 35 F, dans l'Airbus qui décolle vers le Vietnam... la méfiance du voisin, un éternuement qui fait sursauter, 

les hôtesses masquées de bleu et gantées de latex dont on ne sait plus si elles sont charmantes, les flacons de gel

antibacérien que se vident, l'insomnie.... Que fais-je dans cet appareil ? Pourquoi suis-je ausi têtu ?

Pourquoi ne suis-je resté à la maison ?

 

Et puis, après 13h d'une ennuyeuse immobilité, soudé sur un siège inconfortable, un attérissage bruta et bruyant suivi

de quelques embardées... Un décharge d'adrénaline bienvenue pour un retour au Vietnam dans des conditions imprévues...

Les masques apparaissent telle une armada sur un écran radar... Ce qui était soupçonneux à Paris est arboré sans complexe

dès l'avion immobilisé...

 

Dans les grands halls sans âme de l'aéroport rien de bien rassurant... Les voyageurs sans visages en de longues files anonymes s'épient

passeports dans les mains, les douaniers méfiants planqués derrière leurs écrans vitrés imposent une certaine distance et font signe 

de baisser le masque, il y a ceux qui l'adoptent façon chirurgien et ceux qui le refusent façon "dernier des mohicans"...

Quelque chose d'humouristique se dégage de cette atmosphère pesante... Je me surprends à comparer les diffèrnets masques,

leurs formes, leurs couleurs, les façons de les porter, l'allure qu'ils donnent à leurs propriétaires...

Quelles pensées fusent sous ces écrans de papier?  Quelle tête à celui qui se protège ?

 

Bizarrement, en 20 ans, c'est la 1ère fois que je me retrouve dehors aussi rapidement... Comme si le Covid-19 avait anesthésié les douaniers...

Le passage de l'aéroport à la rue est toujours un moment surprenant... On passe de l'ambiance climatisée aux 30 degrés en un instant,

le bruit feutré devient cacophonie... Sortir de l'aéroport, c'est paser d'un arrêt sur image au défilement accélèré des images d'un film

de charlie Chaplin...

 

On oublie ce Coronavirus censé me faire peur.... Bonjour Vientnam!... La mission commence...

 

VOYAGE AU VIETNAM (du 12 au 28 février 2020)